dimanche, novembre 12, 2006

Ceci n'est pas une banque, c'est PIRE, c'est Desjardins! (Partie 1 de 4)

Les gens de mon âge se souviennent sûrement de l’omniprésence de Desjardins, déjà à la petite école. Concours de dessins commandités, caisse scolaire (c’est important d’épargner!), etc. On idéalise la caisse, on relate la petite histoire d’Alphone Desjardins en une bande dessinée dans le journal, on nous dit qu’avant les caisses populaires, les Québécois étaient pourris en économie, mais que grâce à elles, les Québécois sont devenus des leaders en épargne et en finance (???). Peu importe les fleurs qu’on a pu envoyer, force est de constater que l’institution n’est plus ce qu’elle était. Alphonse doit même se retourner dans sa tombe. On est en droit de se poser des questions devant la démagogie et les pratiques courantes de ce qui s’appelait autrefois une coopérative.

Le national-coopératisme

Tout le monde sait qu’une banque est une « méchante » entreprise privée. Comme le Québec porte à gauche, Desjardins s’autoproclame alternatif et défenseur du peuple en se faisant passer pour une coopérative. On se doit d’être honnête, c’était le cas au début. C’étaient véritablement les membres qui prenaient des décisions et être sociétaire voulait dire quelque chose. Et maintenant? Desjardins est « une banque comme les autres ». La plupart des membres ne reçoivent pas d’invitation (un de mes collègues me disait qu’il n’a jamais reçu la moindre information à cet effet pendant 12 ans) et les assemblées ne sont pas très affichées. Les décisions se prennent à la sauvette. Pour ceux qui ont déjà été dans une assemblée générale, vous vous souviendrai sûrement de la manière expéditive dont les « débats » sont animés. Déjà, on n’en dit pas trop sur les pourquoi et les comment d’une situation et les raisons qui poussent le conseil d’administration d’une caisse à prendre une mesure. Ça se fait : « Voilà, on veut faire ça. Des questions? Non? Alors c’est adopté! ». Personne n’ose s’avancer, comme ils n’ont pas l’information suffisante pour amener des points ou des solutions alternatives. De toute façon, la réalité, je vais vous la dire (et d’ailleurs, un haut dirigeant d’une caisse populaire l’a avoué à un de mes collaborateurs) : les décisions sont prises par la fédération, et les caisses doivent les appliquer. Toutefois, les caisses ont le devoir de les faire avaler et endosser par ses membres. Oui monsieur, oui madame, ça s’appelle une coopérative!

Mais en revanche, ce n’est pas croyable à quel point cette institution est encensée et joue la carte du nationalisme à fond! Desjardins se décrit elle-même comme une (ou même LA) fierté de l’entrepreneurship québécois. Bref, je suis estomaqué à chaque fois que le Québécois moyen se laisse aveugler et en bout de ligne se laisser avoir par quiconque jouant sur sa petite corde sensible. Les gens suivent, aveuglés ou hypnotisés! Réveillez-vous! Vous vous faites fourrer! Se faire fourrer par une entreprise québécoise ou une entreprise d’ailleurs, ça reste que c’est se faire fourrer quand même et que vous ne reverrez plus votre argent! Décidément, la question des vaches sacrées du nationalisme québécois serait un sujet intéressant à approfondir. Mais bon, revenons à nos moutons.

Les frais bancaires sont véritablement devenus une plaie dans le monde bancaire, et Desjardins n’y fait certainement pas exception. En fait, tout est informatisé. Les caisses se fusionnent pour économiser les frais. Il y a 20 ans, les caisses ont poussé les consommateurs à se procurer des cartes de débits, en disant à l’époque que c’était sans frais! Maintenant que les gens sont devenus « accrocs » (car il faut l’avouer, c’est pratique une carte Interac), le Mouvement Desjardins ferme la cage à homards et emprisonne le consommateur avec des frais toujours plus hauts, années après années. C’est d’ailleurs une situation qui a été soulevée par le groupement « Option-consommateur », suite à l’annonce de Desjardins d’augmenter de 1000 $ à 5000 $ le solde mensuel minimum pour profiter d’un forfait sans frais. Question : étant donné que les profits de Desjardins sont comparables à ceux des grandes banques canadiennes, est-ce vraiment nécessaire d’imposer des frais? Pour ceux qui ont pris le temps de consulter les états financiers d’une caisse, ils constateront que non. Les caisses sont déjà rentables sans les frais. L’astuce? Probablement endormir les sociétaires en leur donnant plus de ristournes? Un simple calcul mathématique à la portée de tous est suffisant pour arriver à la conclusion que, comme les caisses calculent en ristourne un infime pourcentage des frais payés par l’utilisateur (et jamais la totalité), ce dernier sera toujours perdant au change.

D’ailleurs, parlons-en des supposés ristournes. À chaque printemps, Desjardins annonce à grands coûts de publicité que la coopérative versera environ 600 millions en ristournes (ce qui représente moins du 1/5 des profits annuels. La balance? Probablement dans la poche des administrateurs!). Il y a environ 3 millions de sociétaires des caisses. Un petit calcul démontre qu’en moyenne, chaque membre reçoit 200$ de ristourne par an. Dans la réalité, les quelques collègues m’ont montré leur relevé de compte indique qu’ils ont reçu environ 0,50$ de ristourne annuellement. Encore une fois, où est la balance? Je préfère ne pas y penser. Pourtant, cela n’a pas empêché une publicité télé complètement idiote, en 2002 ou 2003, d’un homme qui embrassait le guichet automatique à la suite du dépôt de sa fameuse ristourne. Il s’en est aussi suivi des dépliants couleurs à gros budget avec des témoignages comme : « Avec ma ristourne, j’irai en voyage cette année », « Avec ma ristourne, je rembourse mon prêt étudiant », « J’investi ma ristourne dans mon REER ». Décidément, il y en a qui ont de l’ambition, avec leur gros 50 cents! Ce qui est encore plus aberrant, c’est que les caisses ont toutes créées, dans les dernières années (encore sur l’ordre de la fédération) une réserve spéciale, capitalisant de l’intérêt, pour donner un peu plus de ristournes lors des années de vaches maigres! Je vous laisse libres de vos conclusions…

Avant qu’on me critique d’être « chiâleux » et de ne pas être constructif, je tiens à vous dire que j’en ai une solution à vous proposer! La caisse pourrait réduire les frais à néant et diminuer proportionnellement les ristournes.
1) La caisse obtient un avantage concurrentiel incroyable et pourra se vanter d’être la seule institution financière sans frais, et donc les gens se garrocheraient chez eux;
2) La caisse explique aux sociétaires qu’ainsi, ils sont gagnants (frais vs ristournes) et qu’ils ne perdront plus des sommes d’argent inutilement;
3) Étant donné que chaque caisse a un fond spécial de ristourne, le sociétaire aura quand même quelques sous (comme c’est le cas actuellement), peut-être un peu plus dépendamment des années. Remarquez, les banques ne donnent pas de ristournes. Alors les caisses auront encore un avantage concurrentiel!

Malheureusement, c’est rêver en couleur de croire que ça pourrait arriver. Si au contraire vous y croyez, alors dépêchez-vous d’aller à vos assemblées de caisse et proposez cette alternative.

En somme, la caisse, par sa prétention d’être une coopérative et son abus de nationalisme n’est ni plus ni moins que le penchant soviétique de la banque moderne. On a beau appeler ça une coopérative, le sociétaire n’a, dans les faits, que très peu de pouvoir, si ce n’est que celui d’être l’artisan de son propre malheur. D’ailleurs, comme en Union soviétique, les dissidents qui osent se lever et parler contre la caisse à l’assemblée générale n’ont que des problèmes par la suite.

À suivre!

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Concernant l'idée d'abolir les frais et de ne pas donner de ristournes, il est bien que tu considères ton idée comme inapplicable. Pourquoi? Parce que Desjardins a développé une structure keynésienne de redistribution de la "richesse" en son sein, à l'exemple de l'État. Le principe keynésien est, selon moi, le principe politico-économique le plus machiavélique au monde. L'État (ou Desjardins) se donne le droit de prélever des sommes d'argent(impôts et taxes pour l'État/ frais d'usagers pour Desjardins). La plus grande partie de ces argents sert à un roulement (le jeu de la quête des profits via des placements/investissements). Cela est très rentable, même trop. C'est impossible d'arrêter ce jeu du gain parce qu'il confère un
plus grand pouvoir de dépenser et de redistribuer sans affecter le
fonctionnement "ordinaire" de l'institution. Le gestionnaire-carriériste aime montrer qu'il fait des bons choix, que l'institution peut prendre de l'expansion. Cela se fait toujours sur le dos des contribuables (État) ou
des usagers (Desjardins). Le système fait en sorte que personne ne se plaint (avec des réustats positifs) parce que les structures protègent les organisations hiérarchiques (État/Caisses) des critiques des individus.

Anonyme a dit…

Moi je cvoudrais attirer l'Attention sur les publcités hyper nationalistes de Desjardins. "Tremblay, Gagnon, Turmel et compagnie." Un rare anglais à l'occasion et deux noms latino ou espagnols, l'histoire ne le dis pas. Mais ou sont les Abdelkarim, les Konaté, les Pierre, les Ming et les Nguyen du Québec ? ya pas d'arabes, d'asiatiques ou de noirs dans notre province ? On capitalise peut-être de la vague "accomodements" ? En tant que québécois de souche, Desjardins me fait honte.

Claude Gelinas a dit…

Excellent article et à propos des ristournes, vous avez bien raison... où va la part du lion?

Anonyme a dit…

Desjardins EXPLOITE ses employés POINT FINAL.

Richard a dit…

pour une banque sans frais il y a maintenant ING sans minimum d'argent dans son compte.

Richard a dit…

Pour ma part, je reçois toujours un 150$ à 200$ de ristourne par année. Les ristournes représentent un pourcentage des intérêts payés sur les prêts et gagnés sur les placements. Plus on emprunte et/ou place d'argent, plus celle-ci sera élevée.

Par contre, pour les frais, je suis parfaitement d'accord. Ils augmentent sans cesse alors que tout est maintenant automatisé.

Kamille a dit…

«La part du lion», elle est réinvestie dans la société.
Que ce soit sous forme de bourses pour les étudiants, de financement pour des missions d'aide humanitaire, la création de jardins communautaires éa Montréal et tellement tellement plus encore! La coopréation n'est certainement pas le remède à tous les maux de nos institutions financières, j'en convient, mais elle est une alternative axée d'une part sur sa communauté et d'une autre sur ses membres.
La voilà, votre part du lion.

Je suis très loin de tout savoir sur ce sujet, mais étant présidente du conseil d'administration de ma COOP étudiante (sous la bannière COOPSCO), je signe tous les jours des chèques qui aident nos associations étudiantes, qui soutiennent les étudiants en difficultés financières, qui financent des projets étudiants et qui investissent dans la fondation pour le soutien de la vie étudiante. De plus, notre politique de prix est révisée à la baisse à chaque année où notre chiffre d'affaires nous le permet. Nos employés sont traités comme les membres de notre famille, nous sommes constamment à leur écoute (salaires concurrentiels, activités hors travail, maintient d'un bon climat de travail général).

Voilà ce que c'est la Coopération.
Ce n'est pas un modèle parfait.
Mais c'est un modèle dans lequel on fait de notre mieux, pour le meilleur de tous nos membres, et non pas d'un seul propriétaire!

Anonyme a dit…

il doit surment avoir plus que 50 cent de ristourne qui doit revenir au membres surtout avec tout l'argent qu'ils volent au contribuables avec leurs assurances de faux nez qui te font payer et que quand leurs criss d'employer mal former font une erreur ils ne veulent pas payer les dommages de mon auto perte totale quand j'ai toujours bien payer mes assurances

Anonyme a dit…

Quel banque est la mieux si Desjardins est si mauvais?

Anonyme a dit…

Kamille, votre propos qui frôle la propagande des carrés rouges est tout a fait risible. Les sommes versées en aide humaitaire ne sont que des peanuts et les dons sont faits uniquement pour tirer profits d'un avantage fiscal

Anonyme a dit…

Bon OK, je suis bien d'Accord, mais est-ce qu'une banque fait vraiment mieux??

Anonyme a dit…

Retrait de 60$ au guichet automatique, frais de 4$ soit le double de beaucoup d'autres banques. Le reste doit être du même genre.

Anonyme a dit…

Je pense que le future vas appartenir au Bitcoin les frais transactions sont extrêmement petit et ils sont distribué au mineur qu’ils font vraiment le travail des transactions, je suis convaincus qu’un jour les banques et caisse serons une chose du passer